Une question sexiste dans un QCM de médecine fait réagir

Une question sexiste dans un QCM de médecine fait réagir

Une question sexiste dans un QCM de médecine fait réagir

Les étudiants de médecine et la ministre de la Santé s’insurgent contre une proposition sexiste parmi les réponses d’un QCM. Le débat sur le « sexisme ordinaire », fréquent dans les milieux médicaux, est relancé.

Cette proposition de réponse n’a pas eu l’effet « humoristique » escompté. Lors d’un examen blanc de médecine, les épreuves classantes nationales informatisées » (ECNi), vendredi 8 avril 2016, les étudiants de sixième année ont dû répondre à la question suivante : « Une patiente de 35 ans reçoit une fessée sur son lieu de travail par son supérieur hiérarchique devant ses collègues. Elle consulte aux urgences ». Ce point permet d’aborder le thème du harcèlement sexuel au travail . Mais parmi les réponses proposées, la dernière mention, jugée sexiste, a fait bondir plus d’un étudiant. Et pour cause, elle stipulait : « vous lui demandez d’aller au coin car elle n’a pas été sage ». Une étudiante de l’université Paris Diderot a pris en photo cette partie de l’examen et l’a relayée sur twitter, sous le pseudo Pauline(tte) ( @pziou ) en soulignant : « le harcèlement sexuel au travail fait beaucoup rire les médecins qui rédigent les examens blancs de ma fac. Honteux. » Les réactions ont alors déferlé sur la toile. A ce jour, le tweet de Pauline(tte) compte plus de 550 mentions « like » et a été partagé plus de 1 700 fois.

La ministre de la santé Marisol Touraine a également réagi le 11 avril par le tweet suivant : « la question se voulait humoristique C’est raté. Et sexiste. Donc inacceptable. »

Si de nombreux étudiants, soutenus par l’association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF) ont condamné cet humour douteux, la question 37 de l’ECNi a ravivé le débat qui existe déjà sur l’esprit « carabin » de la médecine. Par tradition, cet esprit fait la part belle à la provocation, la pornographie et la paillardise. Mais le fait que des étudiants eux-mêmes dénoncent ces mentalités pourraient évoluer vers un rejet de ce « sexisme ordinaire ». L’auteure du tweet initiale, Pauline(tte), a publié le 11 avril un article sur le site Le Plus (NouvelObs) expliquant qu’il ne s’agissait pas selon elle d’une simple « broutille ». « C’est un symptôme supplémentaire d’un sexisme gras et décomplexé, encore profondément ancré dans certains milieux médicaux » explique-t-elle. Cet épisode s’ajoute, selon cette étudiante, à un climat plus général d’ « hyper-sexualisation qui règne parfois dans les couloirs de l’hôpital ». Elle étaye son propos par des exemples choquants de manque de respect aux patients et à leur dignité , de menaces de viol et de réflexions sexistes à son égard. « Nous avons peur de notre hiérarchie, nous sommes bien tenus par le stress immense qu’il nous faut endurer au cours de ces études : ‘pas le temps de contester, je dois réviser’. Sachez-le désormais : nous allons parler. […] Il est temps que la médecine et la chirurgie, celles que j’aime et dont je veux faire mon métier, avancent vers plus d’égalité et de respect » conclue-t-elle.

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