Sida , des gènes humains modifiés pour résister au VIH

Sida , des gènes humains modifiés pour résister au VIH

Le 16 avril 2016 à 13h08 – par Ysabelle Silly

Des chercheurs chinois viennent d’utiliser la méthode CRISPR pour modifier génétiquement des embryons humains afin de les rendre plus résistants au VIH, le virus responsable du Sida.

La Chine n’en est pas à son coup d’essai puisqu’en 2015, elle avait déjà utilisé, sans attendre un consensus éthique international sur ce procédé, cette technique nommée CRISPR-Cas9 qui avait suscité la controverse et les inquiétudes d’ordre étique au sein du monde médical.

CRISPR : modifier et remplacer des gènes défectueux

En clair, cette méthode d’édition de génome, développée depuis 2012, permet de pointer les gènes qui ont des problèmes dans l’ADN, de les modifier afin de les contrôler et de les introduire dans des cellules humaines.

La Grande-Bretagne, a autorisé elle aussi, la modification génétique sur embryons humains dans le domaine de la recherche et non à des fins thérapeutiques.

CRISPR pour lutter contre le sida ‘

Cette fois-ci, l’équipe de scientifiques de l’Université de Guangzhou à Canton (Chine) met en avant les bénéfices que peut apporter la technique CRISPR.

Le groupe de chercheurs a ainsi introduit une modification dans des gènes d’embryons. Quatre embryons sur 26 ont été modifiés avec succès. Résultat : leurs cellules sont devenues plus résistantes au Virus de l’immunodéficience humaine (VIH), à l’origine du Sida.

Leurs travaux ont été publiés dans le Journal of Assisted Reproduction and Genetics .

CRISPR : entre avancée et controverse

Toutefois, la controverse rôde toujours et alors que Han Bin, directeur du Centre chinois pour la recherche génétique, estime que les bénéfices thérapeutiques potentiels de la technique pour lutter contre les maladies liées à l’hérédité, dont le cancer , « doivent l’emporter sur les scrupules », d’autres scientifiques ne sont pas de cet avis.

Selon George Daley, biologiste à l’Hôpital pédiatrique de Boston, cette étude n’apporte pas beaucoup plus que des preuves anecdotiques que la technique fonctionne sur les embryons humains.

Pour le spécialiste en bioéthique, Tetsuya Ishii, de l’université de Hokkaido (Japon), cette recherche n’est qu’un « simple jeu avec des embryons humains « .

La suite au prochain épisode.

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