La lettre qui tord les tripes d’une victime de viol

La lettre qui tord les tripes d'une victime de viol

Une jeune femme de 23 ans. Une soirée étudiante à Stanford, aux États-Unis, en janvier 2015. Un peu trop d’alcool pour avoir les idées claires. Un jeune homme, Brock Turner, 20 ans. Un crime.

Brock Turner a violé une jeune femme en état d’ébriété, après une soirée, derrière une benne à ordures. Il a été repéré par deux passants à vélo et jugé en mars 2016. Peine maximale : 14 ans de prison pour agression sexuelle. Le juge l’a mis derrière les barreaux pour six mois’ avec sursis.

Pourquoi Pour éviter d’avoir « un impact sévère » sur l’avenir de cet athlète brillant, promis aux Jeux Olympiques, section natation.

Six mois.

Avec sursis.

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La lettre d’une victime, la force des mots

La victime de Brock Turner a écrit une lettre, qu’elle lui a lue pendant le procès. Elle l’a également communiquée à BuzzFeed News, et son message a été traduit en intégralité sur BuzzFeed France.

Trigger warning : ce texte est long et très dur à lire. L’agression ainsi que tout le processus médico-légal par lequel la victime a dû passer sont clairement détaillés. J’ai personnellement dû m’y reprendre à deux fois pour le finir.

« Tu n’aurais jamais dû me faire ça. Deuxièmement, tu n’aurais jamais dû me forcer à me battre si longtemps pour te dire : tu n’aurais jamais dû me faire ça. Mais on en est là. Le mal est fait, personne ne peut le défaire. Et à présent, nous avons tous les deux le choix. Nous pouvons laisser ça nous détruire, je peux rester en colère, blessée et toi dans le déni, ou bien nous pouvons l’affronter en face, moi j’accepte la douleur, toi tu acceptes la punition, et on passe à autre chose. »

Cliquez sur l’image ou ici pour lire toute la lettre.

Une victime qui parle pour mille silencieuses

Insoutenable récit, qu’il faut pourtant faire circuler. Insoutenable injustice que cette justice qui prend soin de ne pas « trop » gâcher l’avenir de celui qui a brisé une vie. Insoutenable pensée que celle-ci, qui a traversé mon esprit quand la lettre a commencé à circuler :

« Oh, encore »

Encore, oui. Encore une victime. Encore un coupable qui ne paiera pas cher. Encore les tripes nouées, encore la gorge serrée, encore les flashbacks sur les paupières fermées. Encore la rage au bide, encore le sentiment d’impuissance.

Jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus. Encore.

Pour aller plus loin’

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