Actualité , Maladie de Lyme , des médecins se mobilisent pour une reconnaissance officielle

Actualité , Maladie de Lyme , des médecins se mobilisent pour une reconnaissance officielle

La maladie de Lyme fait partie de ces pathologies dont le diagnostic est très difficile à établir et dont les personnes qui en sont atteintes se battent pour une meilleure reconnaissance en France. Ils sont récemment épaulés dans leur quête par une centaine de médecins qui ont décidé de lancer un appel d’urgence à la ministre de la Santé Marisol Touraine à travers une lettre ouverte publiée dans « L’Obs ». Bien que cette dernière ait annoncé le lancement d’un plan d’action national qui sera présenté en septembre prochain, les signataires de cette lettre veulent attirer son attention sur plusieurs points qui leur semblent essentiels.

Les médecins réclament en premier lieu des financements pour améliorer les tests de diagnostic, considérés comme peu fiables. « Des plaquettes officielles du gouvernement prétendent par exemple que le test actuel dépiste 100% des maladies de Lyme dans leur forme articulaire. C’est faux. », expliquent-ils. Car c’est bien ce que dénoncent les patients depuis plusieurs années. La maladie de Lyme est une maladie infectieuse due à une bactérie du nom de Borrelia transmise à l’homme par l’intermédiaire d’une piqûre de tique. Elle peut toucher plusieurs organes comme la peau, les articulations et le système nerveux.

Encore trop de « faux négatifs »

Le diagnostic passe d’abord par un examen clinique qui peut s’avérer compliqué si le patient ne montre pas l’érythème chronique migrant (halo rouge autour de la piqûre) ou ne se remémore pas une piqure de tique. Qui est plus est, ses symptômes variés peuvent faire penser à d’autres maladies comme le lupus, les infections virales, la sclérose en plaques, la fibromyalgie et donc amener à un faux diagnostic Les patients qui se voient prescrits un test de dépistage (Elisa) qui reposent sur un prélèvement sanguin pour détecter des anticorps précis rencontrent une autre difficulté : ces derniers ne sont pas considérés comme fiables pour plusieurs raisons. 

Ces tests de dépistage sont en effet réputés peu sensibles à la présence de ces anticorps (si tant est que le patient en présente ce qui n’est pas toujours le cas) et il donc possible de se retrouver devant un faux négatif. De plus, ils ne permettent pas de repérer toutes les souches de Borrelia qui peuvent être à l’origine de la maladie. Or, c’est seulement en cas de résultats positifs ou inquiétants qu’un autre test, le Western-Blot est proposé. Et pendant que le diagnostic tarde à se confirmer, le patient ne peut pas être traité par antibiotiques. De leur côté, les médecins sont obligés de respecter cette marche à suivre précise au risque d’être poursuivis par l’Assurance-maladie.

Un autre point sur lequel les signataires de la lettre ouverte insistent en demandant « l’arrêt des poursuites ». Ces derniers demandent également de prendre en compte la « détresse morale majeure mais aussi socio-professionnelle de ces patients en errance diagnostique pendant plusieurs mois ou années. » Certains d’entre eux, au nombre de 150, n’ont pas souhaité attendre plus longtemps et ont décidé de lancer en mai dernier une action en justice contre l’Etat et le laboratoire Biomérieux, qui commercialise le test de dépistage Elisa. Le but : obtenir réparation pour les préjudices subis en raison d’un diagnostic tardif ou erroné et être officiellement reconnus comme malades.

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