Actualité , Cancer , l’impact du surpoids et de l’obésité revu à la hausse

Actualité , Cancer , l'impact du surpoids et de l'obésité revu à la hausse

C’est une étude qui laisse une nouvelle fois peu de doute quant à l’influence de l’alimentation sur la survenue de certains cancers. Alors qu’une récente étude affirmait que cette pathologie est plus meurtrière que les maladies cardiovasculaires dans certains pays d’Europe, dont la France, le CIRC* établit que le surpoids et l’obésité constituent un facteur de risque plus important qu’estimé jusqu’à présent.

Des chercheurs affirment en effet dans une récente étude que huit nouveaux types de cancers peuvent être considérés comme des conséquences de l’excès de poids à long terme. Ainsi, une surcharge pondérale peut augmenter la probabilité de développer un cancer de l’estomac, du foie, de la vésicule biliaire, du pancréas, de l’ovaire, de la thyroïde, de méningiome (un cancer du cerveau) et de myélome (moelle osseuse).

Pour en venir à cette conclusion, les 21 experts convoqués par le CIRC ont évalué plus de 1000 études. Ces derniers estiment qu’au total, 9% des cancers chez les femmes en Amérique du Nord, en Europe et au Proche-Orient seraient liés à l’obésité. Une maladie chronique connue pour favoriser l’inflammation et une surproduction d’oestrogène ou encore d’insuline.

L’indice de masse corporelle ne doit pas dépasser 25

« Cette évaluation globale renforce les avantages de maintenir un poids corporel sain afin de réduire le risque de plusieurs types de cancer », déclare le Dr Béatrice Lauby-Secretan, auteur principal de l’article. En effet, une étude publiée en 2002 avait déjà établi que « l’absence d’adiposité corporelle en excès réduit le risque de cancers du côlon et du rectum, de l »sophage, du rein, du sein chez les femmes ménopausées, et de l’endomètre ».

Pour établir la notion de surpoids et d’obésité, les chercheurs se sont fiés à l’indice de masse corporelle (IMC), qui correspond au poids divisé par le carré de la taille. Une personne en surpoids se caractérise par un IMC égal ou supérieur à 25 et une personne obèse par un IMC égal ou supérieur à 30. « En 2013, on estime que 4,5 millions de décès dans le monde sont attribuables à la surcharge pondérale et à l’obésité. L’identification de nouvelles formes de cancer qui y sont liées va faire augmenter ce nombre », concluent les chercheurs.

Quels sont les comportements alimentaires à risque’

Ces résultats vont dans le sens de l’Inserm*, qui affirme qu’en termes de nutrition « au moins cinq facteurs sont incriminés de façon convaincante », dont le surpoids et l’obésité en premier lieu. « Il a été démontré qu’une augmentation de 5 points de l’IMC, accroissait le risque de cancer du sein de 8% et jusqu’à 55% pour le cancer de l »sophage », précise-t-il.

Avec une consommation moyenne d’un verre par jour, les boissons alcoolisées augmentent aussi le risque de survenue de cancer de la bouche et du pharynx chez l’homme et de cancers du foie et du côlon-rectum chez la femme. « Selon la localisation de la tumeur, l’augmentation de risque varie de 9 % (cancer du côlon-rectum) à 168% (cancers de la bouche, du pharynx et du larynx) par verre consommé par jour. » 

Attention également à une consommation excessive de viande rouge ou de charcuterie qui augmente le risque de cancer du côlon et du rectum. « Pour le cancer colorectal, cette augmentation est estimée à 29% pour 100 grammes de viande rouge par jour et 21% pour 50 grammes de charcuterie par jour », précise l’Inserm. Il en va de même pour une alimentation trop salée (supérieur à 12 grammes de sel par jour) qui « augmente probablement le risque de cancer de l’estomac ».

Enfin, une publication française met en garde contre certains compléments alimentaires. En effet, ceux qui contiennent du bêta carotène, à raison de 20 à 30 milligrammes par jour, sont soupçonnés d’augmenter le risque de cancer du poumon chez les femmes exposées en parallèle à des facteurs de risque comme le tabac ou l’amiante mais le réduit chez les autres.

*Centre international de recherche sur le cancer*Institut national de la santé et de la recherche médicale

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